Collectif Afrique

Collectif Afrique
Accueil
 
 
 
 

Des élections présidentielles sous haute tension au Sénégal et au Mali

 

 Les échéances électorales au Sénégal (26 février) et au Mali (29 avril) se préparent - pour des raisons très différentes - dans un contexte d’extrêmes tensions et de crises politiques aiguës qui risquent de déstabiliser le fragile équilibre de toute la région.   Au Sénégal, la décision controversée du Conseil constitutionnel de valider la candidature du Président sortant Abdoulaye Wade et de rejeter de manière infondée certaines candidatures dont celle de Yousou Ndour, a suscité une très vive réaction de l’opinion publique, une très grande colère dans la jeunesse. Cette provocation met en cause la sincérité du processus électoral.   Après la violente répression des premiers jours contre des manifestations pacifiques organisées par les forces démocratiques - avec la mort de plusieurs manifestants, de nombreux blessés et de nombreuses interpellations -  la tension ne faiblit pas…les arrestations arbitraires continuent. Les 8 candidats à l’élection présidentielle réunis parmi les forces vives au sein du «M23» tentent de maintenir leur  unité contre la candidature de Wade. Dans ce rassemblement, le PIT qui travaille depuis longtemps au regroupement des forces de gauche joue un rôle actif. Cependant, plus l’échéance se rapproche, plus la question du boycott du scrutin se pose au sein même du M23. Wade fait le pari d’un hold up électoral, ce qui aurait des conséquences incalculables.   Au Mali, la résurgence de la rébellion touarègue au Nord – fruit d’une alliance entre l’ancienne rébellion et de miliciens lourdement armés venus de Libye - bouleverse la pré-campagne. Bamako a été le théâtre d’une vague de violence sans précédent depuis 20 ans, visant les civils touaregs et maures. Cette situation très grave créée beaucoup de contradictions et de tensions y compris au sein des partis politiques, notamment l’UM-RDA. La tenue du scrutin est en question.   La situation est particulièrement préoccupante au Nord du pays où les populations subissent une famine durable. Elles sont contraintes de fuir les zones de combats et les règlements de compte ethniques. Aujourd’hui plus de 20 000 personnes sont déplacées et réfugiées en Mauritanie au  Niger et au Burkina Faso. La guerre s’installe. L’unité territoriale est mise en cause par les sanglantes victoires militaires des rebelles du MLNA [1] .   Le parti SADI est le seul qui se refuse à rejoindre l’Union nationale prévalant à Bamako. Il dénonce la responsabilité du président, de son gouvernement -dont il demande la démission- et du MLNA. Il critique l’absence de transparence dans la préparation des élections. Il appelle, contre les divisions ethniques, au désarmement immédiat et sans condition des rebelles, à la fin des atrocités et à  la reprise du dialogue politique. Il exige l’adoption d’un plan d’urgence pour permettre aux populations d’accéder aux biens et services de base.   Les Communistes français apportent tout leur soutien aux forces progressistes sénégalaises et maliennes qui tentent avec courage et détermination de créer les conditions pour que leurs pays respectifs accèdent enfin à un état de droit. Ils alertent contre toute forme d’ ingérence étrangère qui ne ferait que déstabiliser davantage l’ensemble de la région.   Laetitia Suchecki et Marine Malberg, collectif PCF/Afrique. [1] Mouvement National de Libération de l’Azawad, région située entre l’ouest et le nord du Mali, berceau de la civilisation Touareg.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.